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Voyager à vélo

21 Avr 2010 
Me revoici à Santiago, à parcourir la capitale, à visiter ses différents quartiers.
J'espérais être de retour pour mon anniversaire, le sort en a encore décidé autrement. Décidément, que d'imprévus au cours de ce voyage. Cette fois, le coupable n'est autre que le volcan islandais.
Je ne sais pas encore quand j'aurai un vol.
Les visites des grandes villes ne sont pas mon fort, mais j'en profite pour découvrir certains quartiers comme celui de Bellavista, le quartier bohème de Santiago, avec ses maisons colorées.
Le transport est vraiment un problème à Santiago. Le métro est toujours bondé, et aux heures de pointes, c'est pire qu'à Paris !
Il faut attendre deux, trois ou quatre métros avant d'y prendre place !
Heureusement, ma jambe me permet maintenant de marcher pendant des heures et des heures...
Le retour vers la capitale n'a pas encore été facile. Comme à l'aller, au moment d'acheter le billet de bus, le transport du vélo n'apparaît pas comme un problème, mais au moment de prendre le bus, j'ai encore été obligé de me fâcher sérieusement pour qu'ils acceptent de le prendre ! Quand le gars m'a répondu que ce n'était pas son problème, j'ai balancé mes affaires la malle en lui disant qu'il attende cinq minutes et qu'il allait voir si ce ne serait pas un problème pour lui... voyant mon énervement, il a fait tout de suite le nécessaire pour trouver une solution.
A l'avenir, il faut que je trouve un autre moyen pour sûr pour circuler avec mon vélo. Le train pourrait être une solution, malheureusement le réseau est trop peu important. L'avion pourrait être une autre.
C'est dommage, le bus n'est vraiment pas cher, j'ai payé 12000 pesos pour mon retour avec le vélo (approximativement 17 euros pour plus de 800 km).
En voiture, le trajet reviendrai plus cher qu'aller sur la Côte d'Azur sur l'autoroute !



Admin · 161 vues · 5 commentaires
15 Avr 2010 




Puis ce fut l’arrivée à Puerto
Saavedra, après une dizaine de kilomètres super-faciles dans la vallée du rio Cautin,
ne pas confondre avec Cottin, cautin signifie en mapudungun abondance d’eau,
alors que cottin n’est autre que la partie génitale de la femme.



Dans un ciber, j’ai rencontré un
garçon sympathique, professeur de gym, mais surtout cycliste passionné. L’année
dernière, il a fait le même parcours que j’ai effectué il y a deux ans en
Patagonie chilienne. Nous avons passé pas mal de temps à raconter notre superbe
aventure patagone qu’il souhaite refaire maintenant seul à vélo. « Reste
une journée de plus », me proposa-t-il, « et je t’accompagne jusqu’à
Valdivia ». Mais je souhaitais absolument partir le jour même. J’ai
rencontré aussi un Espagnol qui a passé un an, en toile de tente, à parcourir
le pays mapuche pour étudier l’alimentation des Mapuches qui, d’après lui, leur
permet de vivre plus sainement et plus longtemps que les Européens. Il est vrai
que les plus anciens m’ont étonné pour leur état de forme, surtout les femmes,
moins attirées par l’alcool que les hommes. Ici, la chicha de manzana, le cidre
chilien, coule à flot, à toute heure. A Tirua, je me suis aperçu que
l’alcoolisme était bien présent par le nombre impressionnant de cafés. Il est
vrai que depuis le tremblement de terre les gens paraissent désœuvrés, la
plupart d’entre eux ayant perdu leur travail. Depuis, cet Espagnol a choisi de
rester au Chili où il continue à étudier, à écrire sur les produits mapuches.



A Puerto Saavedra, peu de dégâts,
un peu dans le port, mais trois personnes ont perdu la vie, écrasées par la
chute d’un réservoir d’eau.



Pour quitter la ville vers le sud,
rien à voir avec le nord. Là, les grandes difficultés commencent, que ce soit à
cause des montées et des descentes abruptes ou à l’état de la piste.



J’ai connu là le parcours le plus
difficile que le chili m’a donné l’occasion de connaître.



8 km/heure de moyenne ! Sans
compter les chutes dans les descentes ! Heureusement, aucun bobo sérieux.



Mais là aussi, les paysages sont
magnifiques. On longe le lac Budi, le seul lac salé d’Amérique. Un lac composé
de pleine de petits bras séparés par de hautes collines.



Ses eaux ne sont pas salées comme
l’océan, juste un peu.



Comme dans toute la région, les
communautés mapuches sont légion. Quelques rukas, habitations traditionnelles
faites avec de la paille côtoyaient leurs humbles maisons.



Un homme arrêta son auto pour me
demander si je voulais profiter de son véhicule pour avancer un peu. La nuit
approchait. Il me demanda aussi où j’allais dormir. Je lui confiais qu’on
m’avait donné un nom, à Puerto Saavedra, d’une femme mapuche, Norma, qui
pourrait certainement m’héberger.



Voyant le doute dans son regard, et
aussi son invitation, si je ne trouvais rien, à dormir chez lui, j’acceptai de
monter. La señora Norma confirma ses doutes, elle ne faisait pas hospedaje et
se montra surtout très méfiante.



Une autre personne arriva et me dit
qu’il était disposé à me donner une chambre.



Il m’emmena chez lui, sa femme
préparait à manger dans la ruka. Un repas typiquement mapuche m’attendait. J’ai
passé finalement cinq jours avec cette famille qui m’a fait visiter le coin et
connaître beaucoup de gens, pour la plupart de la famille. La ruka servait de
cuisine, un simple feu flambait au milieu de celle-ci, à même la terre. Autour,
quelques chaises et une toute petite table.



Ils ne se servaient de leur maison
que pour dormir. A l’intérieur, pas d’eau courante ni de toilettes. Il y a peu,
ils puisaient encore l’eau manuellement au puits. Maintenant, un seul robinet
permettait de se fournir en eau dans le jardin. Les toilettes étaient dans le
champ d’à-côté. Ma chambre faisait à peine 5 m2.



Les cochons, poules, pintades,
canards et chiens, peu craintifs mais jamais envahissants partageaient ce décor
rural.



Près de chez eux se trouvaient
d’autres maisons, toutes de la famille. Si les jeunes se parlaient en espagnol,
les anciens se parlaient, eux, en mapudungun. J’ai eu du mal à quitter cette
ambiance sympathique où tous me témoignaient de la sympathie, de la
gentillesse.



J’ai pu profiter d’une sortie
familiale, assister en leur compagnie à un tournoi de football. Les aventures
n’ont pas manqué : une traversée en barque pour faire des courses dans des
eaux très agitées avec la barque qui prenait l’eau et deux rameurs ivres, un
miracle si nous n’avons pas coulé.



Une promenade aussi sur de hautes
falaises brisées par le séisme, à plus de cent mètres d’altitude sur un sentier
passant à moins d’un mètre du bord, fracturé, prêt à s’écrouler. Tout cela pour
voir un îlot, une pierre émergeant de la mer recouverte d’oiseaux. Un rocher
sacré pour les Indiens mapuches, la Piedra
Alta (la pierre haute). J’ai passé de superbes moments avec
eux, le seul inconvénient a été les nombreuses piqûres de puces qui ont
recouvert pratiquement tout mon corps. Mais ce séjour m’a apporté beaucoup de
bonheur. La femme, une winca fut fort sympathique, les enfants aussi. Je me
souviendrai longtemps des longues conversations qu’on a eu ensemble en buvant
du maté dans la ruka. Des démonstrations du palin, leur sport national, une
sorte de hockey en plus archaïque, mais très technique, les chants mapuches,
toujours avec une excellente convivialité.



13 Avr 2010 




Mon retour au lac Lleu Lleu a été
plus compliqué que prévu. Arrivé dans un village situé à 2 h 30 de ma
destination, il m’a fallu y dormir puis repartir le lendemain dans le sens
inverse, m’obligeant à faire plus de 250 km en bus, pour enfin retrouver ma toile
de tente, après avoir dormi à Cañete, ville où j’avais été hébergé par les
curés, faute de pouvoir trouver un hospedaje ou un endroit pour installer ma
tente après le tremblement de terre.



Le lendemain, au lac Lleu Lleu,
longues discussions avec des mapuches indépendantistes, puis après-midi au
rodéo, sport traditionnel au Chili. Bien que sport winca (non mapuche), il est
ici très apprécié.



Bal le soir avec Alex, un mapuche
extrémiste comme on en trouve dans les communautés qui bordent le lac Lleu Lleu.
Celui-ci s’était donné comme mission de me protéger des autres fêtards qui
pourraient profiter de l’opportunité de trouver un étranger pour leur payer une
bouteille de pisco. Un vrai garde du corps !



Le lendemain, départ à vélo pour
Tirua. La route était goudronnée et les côtes me paraissaient ainsi bien plus
faciles. L’Océan était tout près et la mer agitée me rappelait le tsunami du 27
février. Malgré la terre qui tremblait chaque jour, j’étais bien décidé à
dormir à Tirua, un des villages les plus détruits par la vague meurtrière. De
nombreux édifices et maisons ont été emportés par les eaux. Heureusement, les
habitants, aussitôt décampèrent dans les collines. Cela ne donne pas envie
d’installer sa toile de tente et je choisissais l’hospedaje de Don Pedro, et ce
fut pour moi une chance de rencontrer cet homme atypique, ancien aviateur,
passionné de physique et de technologie. Et, pour compléter ma joie, deux
hommes de l’île Mocha, île située à quelques kilomètres de la côte, avaient eux
aussi choisi cette pension. Pures gentillesse et sympathie les habitaient. Ils
me parlèrent avec passion de leur île. Le patron me montra un film datant d’une
trentaine d’années montrant cet éden. Il m’offrit un DVD sur lequel il grava
divers documentaires. Il était aussi gérant d’un magasin emporté par le
tsunami. L’île, sur son côté sud-est s’est affaissée d’une dizaine de mètres
avant l’arrivée de la vague qui a déferlé et dévasté son côté ouest.



Les gens, prévenus, avaient occupé
les espaces montagneux au centre de l’île, sauf certains plus imprudents qui
disparurent dans les eaux.



Mais cette nuit, plus d’un mois
après le tremblement de terre, je fus réveillé par de fortes secousses.
Aussitôt, moins de deux minutes après, le bruit des voitures fuyant à toute
vitesse dans les collines, démontra la peur et l’angoisse permanente qui
tourmentent maintenant la population. De mon lit, j’écoutais ce qui se passait
dans la pension, aucune panique, je décidai de rester. Nous étions en plein
épicentre du tremblement de force de 4,7 sur l’échelle de Richter. La panique
était due au fait que la secousse était égale à celle qui avait précédé le
séisme du 27 février.



Le lendemain, en
parcourant et photographiant le village, je vis la señora Lacoste avec qui
j’avais eu l’occasion de diner à Capitan Pastene. Une vraie langue de
vipère ! Don Pedro me confirma cette impression.



Malgré la crainte
de mes nouveaux amis de me voir repartir vers Puerto Saavedra où il leur
semblait dangereux de s’aventurer en toile de tente, je repris ma bicyclette.
Les collines m’offraient une vue superbe sur l’Océan et sur l’île Mocha. La
piste, elle, s’avérait difficile, avec sa terre poudreuse recouverte de grosses
pierres. Je ne me doutais pas que ce serait ainsi sur toute la côte là où il y
avait le ripio. Ma moyenne horaire sera toujours inférieure à 10 km/heure. Pas
un centimètre de plat, mais que des paysages fantastiques.



Je choisis de
camper sur un terrain de foot qui bordait la route. C’est souvent surprenant,
mais les gens n’hésitent pas à s’approcher de la tente, même de nuit, pour
apaiser leur curiosité.



Au début, ça
surprend, on est aux aguets, surtout que les gens me mettent constamment en
garde contre les délinquants qui attaquent les personnes isolées, mais après on
s’habitue.



Des personnes
discutant au bord du stade me réveilleront. Je leur fait un signe, ils me
répondent avec un sourire rassurant. Deux personnes viendront me rendre visite,
la première pour me proposer de l’eau chaude, le second pour m’inviter chez lui
à prendre le petit-déjeuner, ce que j’acceptai de bon cœur. Que de générosité
et de gentillesse de ces personnes de la campagne que d’aucun semble se méfier.



Encore une belle
rencontre dans une insignifiante auberge avec sa propriétaire et son mari.



Elle avait choisi
de quitter sa toute petite île où ils vivaient seuls pour s’installer sur le
continent et avait profité de la politique de Bachelet en faveur des femmes
créatrices d’entreprise. On lui avait fait ainsi don d’un four dans lequel
cuisaient ses empanadas.



Je continuerai mon
récit demain sans faute, encore plein d’aventures…



Bises à tous et
encore merci pour vos messages sympas, la vidéo du battage est long à venir…



 



 



 



 



Admin · 316 vues · 1 commentaire
02 Avr 2010 




 J’ai enfin quitté la
grosse agglomération de la région, qui n’est pas tellement étendue mais où la
population se concentre sur une petite superficie.



Le centre est très moderne, trop moderne, trop moche. Les
grands magasins se côtoient, les trottoirs sont envahis de piétons pressés. Moi
qui ne peux que marcher lentement, je me rends bien compte de leur
empressement. Les voitures également, et quand le feu se met au vert pour les
piétons, j’ai souvent à peine le temps de traverser et les voitures démarrent à
toute vitesse, je ne sais combien de fois ils ont dû ralentir brutalement pour
ne pas me heurter. Malheureusement, à ce petit jeu, je me suis de nouveau
déchirer le mollet, au même endroit. Je pense que ce n’est pas trop grave,
juste un retour en arrière d’un ou deux jours. L’ami Sebastian s’est occupé de
moi, il m’a non seulement fait faire un tour en ville, mais il m’a emmené sur
une colline qui domine la ville, qui est un beau petit parc naturel.
Malheureusement, pour y circuler, il faut débourser 700 pesos pour un Chilien,
ce qui fait un euro. Cela ne parait pas beaucoup, mais il y a beaucoup de gens
qui ne gagnent que 160 000 pesos par moi, et même parfois moins, pour ceux
qui ont du travail. Sur cette colline a été signé un traité avec les Indiens mapuches
en 1885, je crois… Autant celui qu’ils avaient signé avec les Espagnols à la
fin du XVIe siècle avait été satisfaisant, autant ce traité a été une
grande déconvenue pour les indigènes. Un traité pour maltraiter !



Après, il a regardé ma jambe, m’a dit que je n’avais eu
qu’une déchirure musculaire au niveau du mollet, mais que cela était en bonne
voie de guérison. J’avais peur d’attraper une phlébite, mais tout est rentré
dans l’ordre. Il m’a donné plusieurs sortes d’anti-inflammatoires au cas où.



J’ai repris mon chemin en bus dans la vallée Imperial. Il
faut patienter jusqu’au quarantième kilomètre pour enfin trouver des prairies
vallonnées, retrouver des paysages merveilleux.



Je me suis arrêté à Carahue, une petite ville au charme
chilien d’antan. Enfin !



J’ai vu l’endroit où nous avons campé il y a vingt-cinq ans,
avec mes beaux-parents morts de trouille de dormir au bord de la route en plein
pays indien. Puis j’ai poursuivi ma route jusqu’à Trovolhue, autre village
mapuche, ceinturé par de belles collines. J’ai trouvé un hospedaje pour 3000
pesos (moins de cinq euros, et avec eau chaude pour ma douche).



Demain, je reprends le bus à 12 h 30 pour Tirua, ville à
moitié engloutie dans l’océan depuis le tsunami. Heureusement, la plupart des
gens ont réussi à monter sur les collines toutes proches pour éviter à la vague
ravageuse. Mais près d’ici, quelques personnes ont néanmoins disparu dans les
eaux.



A Tirua, je suis à une trentaine de kilomètres de ma toile
de tente et de mon vélo que j’ai hâte de retrouver. Qu’importe maintenant
l’état de mon mollet, je pars samedi en fin de matinée à vélo.



Bises à tous



 



 



 



 



30 Mar 2010 
Après avoir passé quelques journées dans la nouvelle Italie, c'est ainsi qu'on nomme ici Capitan Pastene, village perdu au pied de la Cordillère de Nahuelbuta, colonie italienne et, oh surprise, grand lieu de la gastronomie italienne au Chili. J'ai eu du mal à quitter ce  village tant il était accueillant.
Dans le plus ancien resto, je n'ai meme pas pu payer une seule fois, toujours invité par le patron.
Depuis, j'ai poursuivi ma route par d'autres petits villages, plus communs, mais tellement tranquilles, qui portent le nom d'anciens chefs de guerre mapuche, comme Galvarino et Cholchol.
Puis je suis arrivé dans la capitale de la région, Temuco, plus de 300.000 habitants. Là, pour moi, ce fut la désillusion. Ici, la culture mapuche n'est représentée que par des produits artisanaux de mauvais gout destinés aux touristes de passage. Dans la ville, les gens sont indifférents... pas de sourires, quand on pose une question, on nous répond ou on nous répond pas... C'est Paris, quoi... Sauf que la ville est laide. Bon, je vais rendre visite à Sébastian, un jeune ami, puis je me sauve connaitre d'autres villages.
Mon dieu, que la campagne est belle, que la ville est moche. Près de la place en travaux, la cathédrale s'élève avec un espèce de clocher qui n'est autre qu'un immeuble avec des bureaux.
Demain, j'irai quand même faire un tour au musée et à l'office de tourisme, sans illusion.
A Capitan Pastene, la famille m'a manqué, j'aurais tant aimé leur faire partager les moments sympathiques, à Temuco, je suis heureux de leur épargner ces moments d'ennuis.
Merci pour tous vos messages chaleureux


Admin · 349 vues · 1 commentaire

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